Navigation Articles
Webmaster - Infos Visites 234380 visiteurs 8 visiteurs en ligne |
Accouchement - Douleurs de l'accouchement II
TRANSMISSION DE L'INFLUX DOULOUREUX La douleur est transmise de l'endroit où elle surgit jusqu'au cerveau, ou elle est "ressentie". Ensuite repart la réaction à la douleur en quelques fractions de secondes. Je vais essayer d'expliquer ce que j'ai compris de mes différentes lectures sur ce sujet, (et surtout ce dont je me souviens !!!) : attention, je sens que c'est parti pour un cours ... prenez votre temps, mettez vos ceintures, et ... décollage immédiat ! La douleur peut être transmise selon plusieurs voies, selon son urgence : si tu as ta main sur la plaque électrique rouge, il faut que la transmission soit ultra rapide : c'est un peu comme une voie expresse prioritaire qui court-circuite toutes les autres sensations (faim, fatigue et autres). Par contre, une douleur moins "urgente" (courbatures, mal de tête, douleurs ponctuelles pas vraiment violentes) suit je vais dire l'autoroute usitée : s'il y a une autre sensation qui s'impose : faim, désir physique violent ... ou un massage par ex, ou une autre douleur ...) cela sature plus ou moins les circuits et bloque la première sensation) ; cette douleur là peut etre egalement supprimée quand l'attention se focalise brutalement sur autre chose (le mari dont la femme accouche peut en oublier sa migraine par ex) ... Si j'ai bien compris, la sensibilité personnelle intervient au niveau de la transmission et de son décodage par le cerveau, non au niveau du ressenti lui même ; ce n'est pas évident a expliquer, parce que pour nous, les 3 sont quasi simultanés : la stimulation douloureuse à l'endroit x, la transmission de cette stimulation par l'influx nerveux et la prise de conscience de cette stimulation (et la réaction qu'elle entraine), mais cette simultanéité est biologiquement fausse ... il y a quelques chose comme des fractions de secondes entre chaque, cela parait idiot même de différencier les trois ... mais ce sont des phénomènes séparés. Je vais tenter d'expliquer ... Quand on se brûle, des terminaisons nerveuses sont excitées, et envoient l'information sous forme d'influx électrique. Cet influx est traité par le cerveau, qui va réagir différemment selon la voie utilisée (express ou autoroute) par l'influx : - en cas de voie express, c'est un "réflexe" (pilote automatique) qui va réagir, parce qu'il est plus rapide (cela se joue je l'ai dit en fractions de secondes, mais une vie peut basculer a cause de cela ...) et renvoie l'ordre immédiat avant tout de suite, de retirer sa main de la plaque brulante (ces circuits sont pas encore activés quand l'enfant est tout petit (moins de deux ans - ou un an ? - je crois), et c'est pour cela qu'ils peuvent avoir des brulures gravissimes aux mains notamment) - si la sensation est véhiculée par l'autoroute, quand elle va "arriver", le cerveau va "prendre le temps" (quelques fractions de secondes aussi, hein) d'évaluer la situation et de transmettre les conclusions de cette évaluation, sous forme "d'ordres", et c'est cela qui nous arrive "instantanément" en tête, en réponse "immédiate" (en fait, biologiquement différée) à la sensation ... (j'ai la migraine : je m'allonge avec un gant de toilette froid dans l'obscurité, je prends un calmant, j'arrête la musique ...) Alors ou interfèrent les sensibilités personnelles ? Pas au niveau de la sensation brute, sauf si tu es atteins d'une "maladie" extrêmement rare qui fait que la sensation n'est pas enregistrée (pas de terminaisons nerveuses de la douleur dans le corps) ; les personnes atteintes de cette anomalie meurent généralement très jeunes, puisqu'elles peuvent "souffrir" de n'importe quoi : crise d'appendicite, hémorragie interne, coupure d'un membre sans rien sentir du tout... donc ces sensibilités sont susceptibles d'inférer sur les d'autres niveaux : transmission de l'influx "douleur", décodage dans le cerveau et réaction à ce décodage.... Il faut savoir que plus une sensation emprunte une voie, plus la transmission est rapide... (tout comme l'eau qui ravine un sol ... elle va suivre les mêmes "faiblesses de terrain", qu'elle va creuser peu à peu...), et plus la sensation aura de facilités d'emprunter cette voie au détriment des autres... - au détriment des autres voies, et au détriment des autres sensations - et plus également le "décodage" va devenir automatique et s'apparenter de plus en plus à la voie "express", sans réflexion ni recul... autrement dit... si on est sensibilise jeune voire très jeune a la douleur (prématurité, pb de santé a la naissance, maladie chronique, hospitalisation, ou maltraitance parentale ultérieure...), et bien les "voies" vont se raviner très vite et très profondément... c'est ainsi qu'une petite fille hospitalisée a la naissance (pour je ne sais plus quoi) et qui avait eu une perf attachée et scotchée sur sa main, et ce durant des semaines, ne supportait toujours pas a 6 ans qu'on lui touche le dos de la main, parce que le contact même non douloureux renvoyait immédiatement à une expérience douloureuse, inévitable et interminable, à cet endroit du corps... Une fois les voies "creusées", il est difficile d'en faire emprunter d'autres... puisque cela échappe complètement à la conscience et à la volonté... c'est pourquoi traiter quelqu'un de "douillet", "femmelette" et autres gentillesses est complément stupide et inadapté... la personne réagit avec tout son vécu a chaque nouvelle stimulation douloureuse, et c'est ce vécu entier qui peut aider a comprendre ces réactions... Il y a la façon aussi dont est accueillie la douleur du bébé, dès sa naissance fut-elle prématurée... là, c'est une dimension "psychologique" sur laquelle on peut avoir plus de prise ; en effet, si le bébé est prévenu qu'il va avoir mal, mais que c'est pour lui donner un soin, que c'est pour qu'il aille mieux ultérieurement, et qu'on lui offre tout en même temps un contenant avant, pendant et ensuite qu'il puisse exprimer sa colère, sa souffrance, sa peur... et ce, a chaque fois qu'une douleur atteint l'enfant (quand c'est lors d'une chute, le discours n'est pas le même mais l'accueil si...), cette douleur ne va pas s'imprimer de la même façon que si elle est subie sans aucune explication humanisante ni aucune façon contenante qui permette a l'enfant de vivre cette douleur en sécurité. L'important étant de rester dans le ressenti manifesté par l'enfant, sans minimiser (mais non tu sens rien) ou au contraire exagérer (par exemple, inutile de se précipiter systématiquement sur un enfant qui chute, paniquée, en disant "oh mon pov bébé, il s'est fait très très mal, mais c'est fini..." ; et ne pas poser des sensations/émotions qui appartiennent en propre au parent, a ses propres peurs et angoisses, qu'il projette sur l'enfant -... ...il semblerait que cette attitude, contenante et "reconnaissante" du vécu de l'enfant limite (mais dans quelle mesure ?) le risque que se creusent des voies "automatiques d'accès" qui rendent les réactions a toute douleur stéréotypées et disproportionnées (pour nous, mais pas pour la personne qui le vit, même si intellectuellement par ex, elle est d'accord pour dire que tourner de l'oeil pour une petit piqure, c'est exagéré....)... donc... c'est ce qu'on a vécu après la naissance, et même peut être avant, qui modèle nos réactions intimes profondes face a la douleur, et qui explique tout en même temps pourquoi il peut y avoir une telle palette de réactions, de la plus excessive (toujours pour nous) a la plus stoïque... l'une ne valant pas mieux que l'autre... un autre facteur peut également intervenir : la concentration / motivation : quelques ex pour me faire comprendre : un soldat qui monte au front, persuadé du bien fondé de son combat, ne se rendra pas forcément compte dans le feu de l'action qu'il a été blesse, parfois grièvement... c'est quand sa concentration sur le combat va cesser disparaitre... et qu'il va prendre de plein fouet ces douleurs qu'il avait occultées... ou je me souviens de l'histoire de cette femme qui voit son enfant jouer sous la camionnette de son mari, surélevée par un cric (roue crevée), elle se précipite, le cric cède ... et bien elle a pu bloquer la chute de la camionnette et permettre a son fils de se dégager, même si cela lui entaille profondément les mains ou lui déchire le dos... (de par l'effort monumental pour empêcher plusieurs centaines kilos de ferrailles de tomber...) ; elle ne lâchera et ressentira la douleur qu'une fois son enfant en sécurité... et puis pour parler de quelque chose que j'ai vécu, quand je suis partie a Sarlat pour donner la vie, j'étais quasiment sûre de vivre la douleur que j'avais déjà vécue deux fois, et cette fois sans aucune échappatoire chimique... mais c'était MON choix, et je l'ai acceptée et traversée, cette douleur intense, parce que je savais que la vivre ouvrait la voie a mon enfant a un accueil dans la paix et la sérénité, et que cela comptait plus que ma propre douleur... Vous pouvez ranger vos cahiers et stylos, rabattre vos pupitres et sortir en silence : le cours est fini pour aujourd'hui... ; - ))))))))))))))))))) Date de création : 12/08/2006 : 10:37 Réactions à cet article
| |||||

Accouchement
Haut 
