Navigation Articles
Webmaster - Infos Visites 234380 visiteurs 9 visiteurs en ligne |
Divers - Poésies
J'aime beaucoup vous faire partager mes poésies. J'aime moins les retrouver ailleurs, sans aucune mention de leur origine ... alors merci de mettre en signature, à chaque emprunt, mon prénom et l'url de mon site. BONJOUR, Quelques minutes en votre compagnie, Quelques minutes arrachées au temps qui passe, Quelques minutes, comme ... ... un soupir d’enfant, ... une larme de mère, ... un sourire de père ... Quelques minutes pour se souvenir DE VIVRE ... Blandine
PAROLE DE NAISSANT*
Je viens de loin, si loin que vous ne pouvez imaginer. J'ai fais tant de chemin, évité tant d'obstacles, traversé tant d'orages, survécu à tant de naufrages, déjoué tant d'oracles pour vivre mes lendemains ! Je viens de loin ; je suis ce que vous avez été un jour, si lointain que vous l'avez enseveli au plus profond de vous. N'oubliez pas : je suis humain. Petit, maladroit, désarmé, mais ... bien plus humain que vous ne me le laissez percevoir. Vous vous récriez : ce que je dis, vous le savez, en conséquence vous agissez ! Alors pourquoi, je ne comprends pas, expliquez moi ... ... pourquoi m'arracher à celle que je viens de quitter, à celle que je viens de retrouver, ... pourquoi m'emmener loin de son corps, terre nourricière et chaleureuse, source de vie, source de ma vie, ... pourquoi ces lumières qui me déchirent, ... pourquoi ces bruits qui me lacèrent, ... pourquoi ces mots au fer rouge, ... pourquoi ces mains dures qui me triturent, ... pourquoi ces choses qui m'étouffent, me suffoquent, me torturent, qui se fraient un chemin inexorablement dans ma chair si neuve, si vierge de souffrance, ... pourquoi cet acharnement sans nom, sans mots qui m'expliquent ... Vous ne savez pas. VOUS NE SAVEZ PAS ... ... que je ne connais pas le temps, ... que chaque seconde de souffrance dure pour moi l'éternité ... que mes sensations sont encore immatures : avoir mal à un endroit, c'est être mal partout, ... que quand je pleure, j'appelle au secours, et que la non réponse est négation de ma personne, de mes besoins, qui provoque une explosion d'angoisse anéantissante, d'autant plus si cela se répète, ... que ma mère est mon air, mon eau, ma vie ; me séparer d'elle, c'est une éternité de désert et de souffrance, une perte que je sens irrémédiable et sans fin, ... qu'être contenu EST LA VIE ; depuis le commencement, je suis en un lieu clos, obscur, chaud qui me contient ; être nu, avoir les jambes, les bras, la tête non soutenus me jette dans une détresse vitale, profonde. Puisse ma voix vous atteindre, mes mots vous toucher ... Puissiez vous enfin être doux, compréhensif, salvateurs avec moi ... Puissiez vous vous souvenir de ces émotions si puissantes, quand tout était neuf : des sensations d'impuissance anéantissante quand tout dépendait d'autrui, de l'amour qui vous épanouissait comme une fleur au matin, de la joie comme une irruption sauvage et vivifiante, de la détresse comme de l'effondrement brutal du monde, du bien être comme d'une après midi au soleil, langoureuse, tiède, sucrée et parfumée comme une confiture de fraise, de la douleur comme d'une vague dévastatrice éparpillant mon être aux confins de l'univers.
PUISSIEZ VOUS VOUS SOUVENIR, ET AGIR ! ! ! MERCI
* Naissant : Néologisme créé par le Docteur Claude Emile Tourné, gynécologue obstétricien, désignant "le fœtus en mouvement de naître" canne acteur de sa propre naissance. Il me semble recouvrir au plus juste et tout à la fois l'individu et sa volonté d'advenir à la lumière, le mouvement de cette naissance et la continuité entre le fœtus dans le ventre de sa mère et le bébé à l'air libre. Ce terme est explicité amplement dans ses ouvrages "Naissance et Maltraitance", Cahiers de 1 ' Université de Perpignan, et "Le Naître Humain - Cette Naissance qui vient à l'Homme", L'Harmattant. Texte paru dans les Dossiers de l'Obstétrique p.38 - n°301 - Janvier 2002.
Blandine
ENVIE, ENCORE Comme j’ai envie ...
Des prémisses, des soupirs, des esquisses : oui, non ? Dis moi, mon corps, as-tu encore réalisé ce miracle ?
ENCORE ... la certitude ténue, fragile, d’un début, l’espoir comme une brise qui gonfle le coeur et ensoleille la tête, en ces moments où tout semble possible, où les obstacles paraissent devenir mirages, où tout devient parole, signe, sens, cette bulle, comme un papillon aveugle frôlant mes velours de sa caresse imperceptible, ces sensations de plus en plus nettes au fil des jours, ce dialogue du coeur qui se noue entre toi, si fragile, et moi, si attentive et si maladroite parfois, ces malaises multiples, s’il le faut, puisqu’ils signent ta présence, ton essor, l’adaptation de mon corps à toi, ces émotions si diverses, si brutales qui fluent et refluent, soumises à des marées dont je ne connais pas les cycles, cet alourdissement du corps, cette lenteur progressive qui gagne les mouvements, cette pesanteur qui dit ta croissance, cette attention toujours en éveil, comme une oreille toute entière tendue vers toi, à l’écoute de ta vie, ta présence en moi, plus insistante, plus affirmée, mon ventre devenant prison soyeuse qui reflète chacun de tes gestes, cette attente sans fin, ces jours que je compte et recompte, fébrile, supputant, calculant, cette longue, si longue préparation à ta venue, lavant et relavant, nettoyant, préparant un tendre nid pour t’accueillir, comme on prépare son foyer à un hôte de marque, cette question, tout au long de ton cheminement en moi : garçon, fille ? Je te connais si bien déjà, et pourtant je ne sais, je ne veux savoir ni ton visage ni ton sexe avant l’heure de ta venue : exquise surprise, cadeau de bienvenue que je veux te laisser le plaisir de m’offrir, ces signes qui annoncent ton arrivée, me prenant par surprise, et puis ce travail de mon corps et de ton corps oeuvrant ensemble pour se séparer, encore ces contractions intenses qui t’emmènent vers la lumière, encore cette douleur qui me porte au bout de moi même, encore ce temps qui n’appartient qu’à nous, ce long au revoir pour pouvoir te dire bonjour à ton arrivée, encore ce recueillement, cette mise à nue de mon être, encore ce temps hors du temps, si long et si bref,
Ce glissement, cette irruption sauvage : Tu nais,
et nul n’a jamais été ce que tu es, et nul ne le sera plus, unique, précieux, si proche et si inattendu ... et l’émotion est une houle qui nous balance tous au battement de ton coeur, au souffle de tes lèvres, à l’intense lumière de ton regard, et déjà ta peau nue contre la mienne, ta bouche sur mon sein, tes yeux dans les miens recréent le lien originel, tissant un cocon autour de toi et moi, autour de toi extérieur à moi mais encore si proche, autour de moi t’offrant le monde, autour de moi t’offrant au monde, Tu es né,
si tendre, si exigeant, imprégné de cette odeur sensuelle, sucrée, épicée qui m’enivre plus sûrement que n’importe quel alcool ... Encore,
tes rythmes anarchiques, mon épuisement, ton poids sur moi, tes besoins sans concession, mes nuits hachées, ton souffle dans mon cou, et la joie immense que je ne contiens plus, qui déborde en sanglots convulsifs, bonheurs, fatigues, peurs et joies, rires et pleurs, plénitudes et angoisses mêlés, tissés dans la trame de mes jours,
Ma vie ...
qui redevient quotidienne, au fil des semaines et des mois, plus jamais la même, si semblable à celle d’avant et pourtant si différente, suspendue à ton souffle, prête à mordre qui te fait mal, à te protéger, faire rempart de mon corps jusqu’au bout, qui te regarde, qui voit tes ailes s’étoffer, ton être s’affirmer, tes pas s’éloigner, et qui s’en réjouit ... Car tu ne viens que pour mieux repartir, me laissant les bras vides et le coeur si riche de toi, tu ne viens que pour mieux revenir, peut être, y déposer le temps d’un baiser, le fruit tout neuf de tes amours ...
ENVIE, ENCORE ...
Blandine
NAISSANCE
Je viens à toi nue et sans atour, Je te rêvais, je t’attendais, je t’espérais, Tu es venue à ton heure, Fidèle au rendez vous Pris depuis neuf mois. Je viens à toi nue et sans atour Tu es avertissement, tu es alerte : "Attention ! Ce que tu vas vivre est unique Prépares toi à moi, Prépares notre rencontre Je suis le chemin, Tu chemines, Je serais fidèle : ne me trompes pas, Ne te caches pas derrière une camisole chimique".
Je viens à toi nue et sans atour Tu es là, sauvage et brutale, Volcan éruptif, Tempête déchainée, Tu me berces, tu m’emportes, tu me broies, Je me laisse bercer, emporter, broyer ... Je sais qu’au bout du chemin Vient la Naissance : La Naissance de l’enfant, La Naissance de la mère de cet enfant, La Naissance du père de cet enfant ... Je ne peux la voir, la sentir, la vivre pleinement Que si rien ne me sépare d’elle, Que si tu as arraché mes apparences, mes masques.
Je viens à toi nue et sans atour, Plus de vêtements : l’eau Plus d’écorce, plus d’armure : moi Dans la nudité intime et profonde De ma propre naissance Pour accueillir l’enfant qui traverse mon corps, Qui vient vers la lumière. Je suis venue à toi nue et sans atour, Oh douleur. Je ne t’aime pas, Mais j’aime celle que je suis devenue après toi, Mais j’aime celle que tu as fait naître de moi.
MERCI
Blandine
QUEL MAL PEUT ON LEUR FAIRE ...
Quel mal peut on leur faire ... ils arrivent dans notre vie avec neuf mois au plus derrière eux, neuf mois où ils ont pu être bien : accueillis, chantés, bercés ou moins bien : enfumés, drogués, alcoolisés, détestés, rejetés ... ou simplement ignorés ... portés comme des poids ou des vampires avides ... peut être déjà maltraités ... neuf mois pour se construire, ou commencer à être détruit ...
Quel mal peut on leur faire ... peut être sont ils arrivés trop vite, trop tôt ... pressés par des exigences qui les dépassaient, soumis à des contraintes que leurs êtres ne pouvaient supporter ou pour d’obscures raisons, que nul ne connait ... ils doivent alors traverser l’enfer qui les sauvera : seuls, si seuls dans des couveuses bruyantes, bercés par les sirènes des machines qui veillent sur eux ... intubés, piqués, sondés, cathérisés, eux pour qui la douleur est indicible ... nés trop tôt ... pour être surs d’arriver ?
Quel mal peut on leur faire ... peut être jugera-t-on sage de décider pour eux la date et l’heure de leur venue ... pour des impératifs inconnus d’eux, ils seront éjectés, sans recours ni retard ... et s’il faut on viendra les chercher : on eventrera leur nid, on les arrachera à leur obscurité chaude et bienfaisante pour faire connaissance avec la douceur humaine : ... tubes, sondes, mains gantées qui les trimballent comme des sacs à patates ... ... surfaces dures et froides, limites explosées, sécurité anéantie ... ... odeurs inconnues, lumière aveuglante, froid lacérant ... la naissance : l’empreinte primordiale ...
Quel mal peut on leur faire ... alimentés le plus souvent par du caoutchouch froid ou brûlant, d’une substance uniforme inadaptée au goût répété, norias de biberons qui nourrissent le corps sans plus ... mais comme ils n’ont que cela, ils finissent par l’aimer ... et après la bouche obstruée d’un calmant siliconé qui impose le silence artificiel du besoin anesthésié ... et si peu de cette présence vitale d’où ils viennent, si peu de ces bras chaleureux, de ce corps accueillant, si peu de ces seins nourriciers, de cette terre natale, si peu du seul être qui compte véritablement ; tétines, doudous, nin-nins, objets dits transitionnels pour tenter de combler une absence qui vide le monde de sa substance .... ou l’art d’obliger à préférer les objets aux humains ...
Quel mal peut-on leur faire ... puis viendront les séparations ... pour leur bien, évidemment ; et puis ... "ils ont leurs tétines, leurs doudous, leurs nin-nins ... et la nounou qui est si gentille, et la crèche si adaptée comme cela ils pourront se socialiser et apprendre à vivre en société" ... leurs refus se diront par leurs pleurs ... par leurs corps ... nuits hachées de cauchemars sans nom, repas refusés, vomis, croissance bloquée ... par leurs maladies .... reflux, coliques, gastro, rhino, allergies, otites ... les unes apres les autres viendront hanter sans fin les berceaux des bébés ... la liste est infinie du langage des petits qui refusent les choix des grands ... socialisation ... comment obliger quelqu’un qui ne sait pas lire à écrire un Goncourt ?
Quel mal peut-on leur faire ... ils sont petits, innocents et naïfs ... la parole des parents est celle d’un dieu ... et pourtant trop souvent cette parole les bafoue, les trahit, leur ment, les écoute si peu, leur commande fréquemment, les endort de son mensonge, les terrorrise de sa colère, les persécute de son incompréhension, ou pire peut être, leur obéit jusqu’à les transformer en despotes sans limites qui hurlent la violence de leurs manques de repères ... les moules sont là, qui les attendent cachés dans un recoin du cerveau parental ... c’est pour ton bien ... tu n’es pas assez ... tu es trop ... un garçon digne de ce nom ne pleure pas ... une bonne petite fille ne se roule pas par terre ... fais ceci, pas cela ... fais ce que je dis, pas ce que je fais ... plus vite, le temps presse, j’ai autre chose à faire ... contraintes, interdits, obligations ... certitudes arrêtées héritées d’autres temps, d’autres lieux, d’autres situations ... cela s’appelle l’éducation ...
Quel mal peut-on leur faire ... parfois, "par amour pour leurs corps" si différents, si autres et si proches pourtant, ils sont soudoyés, cajolés, endormis ... puis choséifiés, torturés, frappés, violés ... peut être que la violence qu’ils déchaînent est à la mesure de la haine qu’ils provoquent, de la douleur ancienne qu’ils réveillent, par leur intégrité et leur innocence ... Quelque part, dans l’adulte qui méprise, injurie, hurle, frappe, maltraite, viole ... quelque part il y a un enfant qui hurle sa détresse, pleure de rage, hoquette de douleur ou se résigne dans le silence ...
Quel mal peut-on leur faire ... à nos enfants ... par amour ...
Blandine
A VOUS, A vous, dont l’âme soeur à la mienne En d’autres lieux se promène Les yeux ouverts, Le coeur en bandoulière La main tendue vers un ailleurs Qui en dit long sur votre coeur.
Blandine T’AIMER ....
Marcher sans lien ni loi au vent de ton odeur n’avoir pour horizon qu’un mot et qu’un frisson trembler sans avoir peur et sans être aux abois avancer pas à pas jusqu’à mourir debout dans le creux de tes bras ou celui de ton cou et puis renaître enfin pour mieux vivre demain et ne plus croire en rien qu’en ta bouche ou ta main.
Blandine Date de création : 12/08/2006 : 10:45 Réactions à cet article
|

Accouchement
Haut 
