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Divers - Poésies II

J'aime beaucoup vous faire partager mes poésies.

J'aime moins les retrouver ailleurs, sans aucune mention de leur origine ...

alors merci de mettre en signature, à chaque emprunt,

mon prénom et l'url de mon site.

 


BIENVENUE ...

A AUDREY, A NAE ...

pour cette longue longue marche l'un vers l'autre 

 

Bienvenue à vous qui arrivez
 
Parfois le voyage a été long, difficile, douloureux qui vous a conduit ici
Parfois le voyage vous a menée ici bien plus tôt que prévu
Ou parfois il n’en finissait pas de vous approcher de ce lieu, de ce moment qui semblait vous fuir
Parfois le voyage a été comme une longue promenade à deux sur une plage
Les pieds caressés par les vagues  
Alors que le jour se levait dans toute la splendeur du commencement …
 
 
Bienvenue à vous qui arrivez
 
Heureuse ou paniquée, pleine d’espoir ou d’indifférence parfois
Riche de votre naissance, riche de votre histoire familiale, riche de votre enfance
Pauvre de toutes les possibilités qu’on vous a volées, écrasées, déniées …  
Vous venez les mains nues offertes ou crispées
Le coeur avide, affolé ou confiant  
Vous qui venez vous remettre corps et âme …
 
 
Bienvenue à vous qui arrivez  
 
Entrez soyez sans crainte … Il va arriver celui que vous venez rencontrer
Il vous attend depuis si longtemps … lui pour qui le temps ne veut rien dire encore
Il marche vers vous comme vous marchez vers lui …
Vous êtes seuls au milieu d’une foule … vous ne vous êtes encore jamais vus,
Mais vous vous connaissez pourtant si bien …  
Un seul regard entre vous et vous serez bien souvent liés à vie …
 
 
Bienvenue à vous qui arrivez  
 
Entrez posez vos bagages, tous vos bagages …
Même ceux ce votre enfance, ceux de votre famille, ceux que vous portez sans savoir …
Retirez tout ce qui vous habille le corps, le coeur et l’âme …  
Celui qui vient vers vous est nu, nu au delà de tout
Il vous aime sans savoir ce qu’est aimer, il est à vous  
Comme jamais aucune autre personne ne le sera …  
 
 
Bienvenue à vous qui arrivez  
 
Elles sont des milliers à être passées ici avant vous,  
Certaines souvent, d’autres une fois …
Des milliers trébuchantes ou assurées,  
Des milliers prêtes à la rencontre ou la refusant,
Des milliers à avoir marché là ou vous posez vos pas aujourd’hui
Des milliers avec les mêmes larmes et les mêmes peurs et les mêmes joies …
 
 
Bienvenue à vous qui arrivez
 
Femmes devenant mères
Femmes aux sexes qui vont s’ouvrir
Pour donner la vie …
Entrez en ce lieu
Entrez en terre d’accouchement …

Blandine

 


ETRE MERE ……………

 

PRISE DE CONSCIENCE  ....
Tu es là  ..... Je l’ai senti de suite
Ou pas du tout ....
Tu étais attendu espéré,
Ardemment désiré
Ou tu es une surprise,  
Parfois bonne,  
parfois moins bonne,
Parfois catastrophique ...........
 
 
CHEMINEMENT ............
La route est longue et ardue ........
Ou facile et sans souci ........
Je suis malade ou pas ..........
Je pense à toi souvent  
Ou .......... je ne réussis pas  
A te faire de place  
Dans ma tête dans mon coeur .......
 
 
 
ESPOIRS .........
Tu seras ........ fille, garçon,
Tu seras beau comme ... grand comme ... gentil comme ...
Tu seras tenace comme .......fort comme ........
Tu seras comme moi  
Tu seras comme ton grand père ........
Tu seras ce que je n’ai pas pu être
Tu seras .......
Quels fardeaux pose-t-on  
Sur de si petites épaules ! ! ! !
Tu seras ........ce que tu dois être
Envers et contre tout
Tu seras ............
TOI ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
 
 
 
NAISSANCE .........
Milles et une sont tes façons de venir
A ma, à notre rencontre .........
Trop tôt, à l’heure, trop tard .........
Parfois obligés de venir te chercher .......
A l’endroit ou à l’envers,
Pour le meilleur ou pour le pire,
Cette première rencontre laissera
Une trace au fer rouge en nous ...........
 
 
 
LIENS .........
Au fil des minutes, au fil des heures,
Au fil des jours, au fil des mois ........
Notre lien va se construire
Se tisser dans la chair de nos jours
Comme un pont vers demain
Ta main dans ma main ......
Ou .........
Le vide prendra la place
D’une façon ou d’une autre
Avec ses souffrances,
Ses désastres sur ta vie
Sur la mienne .......
 
 
 
ETRE MERE ........
Aimer, porter, oublier, nourrir, abriter, rejeter .......
Donner la vie ......
Nourrir, protéger, pleurer, rire, craquer ........
Etre avec ! ! !
Blesser .......
Souffrir et faire souffrir
Retrouver l’enfant en soi,  
Accompagner ........
Accompagner l’enfant vers sa maturité
Vers cet adulte qu’il porte en lui dès le début
Vers cet adulte qui portera l’enfant qu’il était
Jusqu’à la fin ........
Savoir ouvrir la main
Savoir lâcher prise
Regarder son enfant partir vers demain
Et s’en réjouir .......
 
 
ETRE MERE ......................

Blandine

 


BIEN SUR ...

 

Je me souviens ...

Le désir, la fête et l’oubli :

Ces petits comprimés restés dans leur plaquette

qui disaient mon rêve de ta venue

 

bien sûr qu’il y avait la fête et l’alcool et la joie

               d’être tous en famille ...

                           bien sûr

bien sûr qu’il y a eu cette nuit agitée

et ce rêve troublant de sensualité

bien sûr

                                                                                                                 bien sûr que ton père a compris

                                                                                                                           M’a aimée ce matin là

                                                                                                                                        bien sûr

 

Je me souviens ...

Le désir, la fête et l’oubli :

Ces petits comprimés restés dans leur plaquette

qui disaient mon rêve de ta venue

 

bien sûr j’ai su tout de suite

 que quelque part tu venais

               bien sûr

bien sûr, la course venait de commencer

comment pouvais je connaître l’arrivée ?

bien sûr

                                                                                                                   bien sûr ... pourtant je savais

                                                                                                                    et cette certitude m’a portée

                                                                                                                                        bien sûr

 

Je me souviens ...

Le désir, la fête et l’oubli :

Ces petits comprimés restés dans leur plaquette

qui disaient mon rêve de ta venue

 

bien sûr tu ne m’as pas fait défaut

  et mon corps me l’a dit très vite

                        bien sûr

bien sûr j’étais folle de joie

de peur et de bonheur

bien sûr

                                                                                                             bien sûr je t’ai porté tel un trésor

                                                                                                       le dernier cadeau de ma vie de mère

                                                                                                                                bien sûr

 

Je me souviens ...

Le désir, la fête et l’oubli :

Ces petits comprimés restés dans leur plaquette

qui disaient mon rêve de ta venue

 

     bien sûr j’ai eu peur

de moi, de toi, de demain

                bien sûr

bien sûr j’ai voulu que tu viennes dans la paix

dans l’amour et la sérenité

bien sûr

                                                                                                              bien sûr la vie m’a montré la voie

                                                                                                                        le chemin et l’endroit

                                                                                                                                      bien sûr

 

je me souviens ...

je n’oublierais jamais

comment pourrais je oublier

l’instant où ma vie a basculé ?

 

bien sûr la chance nous tenait la main

           j’y croyais, et toi aussi

                      bien sûr

bien sûr tu es né dans la douleur

les larmes, le sang ... le bonheur

bien sûr

                                                                                                                       bien sûr tu étais magnifique

                                                                                                                            un rêve de petit garçon

                                                                                                                                          bien sûr

 

je me souviens ...

je n’oublierais jamais

comment pourrais je oublier

l’instant où ma vie a basculé ?

 

bien sûr ce fut le coup de foudre

    dès le premier regard

                  bien sûr

bien sûr la vie reprit son cours

après un instant au paradis

bien sûr

                                                                                                                     bien sûr que tout avait changé

                                                                                                                           pour toujours et à jamais

                                                                                                                                          bien sûr

 

je me souviens ...

je n’oublierais jamais

comment pourrais je oublier

l’instant où ma vie a basculé ?

Blandine

 


CADEAUX

 

Tu es venu, avec dans tes mains une jolie corbeille toute d’osier tressée.

L’osier de l’étang où croassent les grenouilles, où pousse le muguet

où le soir s’endormant dessine des arcs en ciels

tu es venu, et dans ta corbeille toute d’osier tressée, il y avait, rare et précieux

un pouvoir, un pouvoir qui en moi dormait depuis si longtemps

comme une certaine belle tout au fond d’un bois

ce pouvoir, tu me l’as tendu tout au fond de ta jolie corbeille en osier tressé

je le regardais, n’osant respirer, posé comme un papillon prêt à fuir

ce pouvoir que tu m’as redonné quand tu es venu

avec le pouvoir, tout au fond de la jolie corbeille en osier tressé

souriait paisiblement une fée clochette, et sa petite baguette

une fée clochette avec plein d’étoiles qui dansaient,

la fée frémissait, au fond de la jolie corbeille en osier tressé

et ses yeux si doux étaient comme une caresse parfumée

une caresse surgie du fond de mon enfance

enfin, il ne restait qu’un être au fond de la jolie corbeille en osier tressé

un être fragile comme le souffle hésitant d’un nouveau né

un être puissant comme une tempête déchaînée ...

un être qui ouvrit grand en moi une fenêtre, d’hier à demain

des personnes d’hier qui s’unirent et firent de moi ce que je suis

à celles que j’ai enfantées, et qui regardent demain ...

tu es venu, mon fils, et dans ta corbeille de naissance,

tu m’as redonné le pouvoir d’écrire,

tu m’as redonné la confiance en la vie

tu m’as redonné l’amour ...

 

Blandine

 


M E R C I . . .

 

 

Merci,

Merci pour la vie qui m’a fait croiser ta route. Je te regarde, jours après jour, je m’émerveille de ta présence si opportune, je m’émerveille de cet instant où tu, moi, quelqu’un d’autre peut être, de cet instant où tu décidas de venir, de cet instant si bien choisi que cela ne pouvait être un hasard. Je m’émerveille de ces signes qui jalonnent ma route, de ces signes, clins d’oeil de l’univers, semés par un petit poucet ivre pour retrouver un improbable sens vers un improbable foyer.

Merci,

Merci pour l’amour que tu m’apprends chaque jour. Je t’écoute au fil des heures égrener ton babillage d’enfant, parfois si juste, si innocent, si lourd de sens caché qui se révèle ... D’instinct, tu sais le mot qui s’encastre au plus près dans le puzzle quotidien, violemment, comme une gifle, il claque, puissant, sincère, aveuglément évident que je me crèverais les yeux de ne pas l’avoir entendu.

Merci,

Merci pour la joie, joie charnelle de te sentir, te respirer dès ta première bouffée d’air. Ton odeur, grisante comme un champagne, m’enivra durant des jours et des semaines, expérience unique, éternelle et séculaire, imprimée au feu de ton essence, irrationnelle, incompréhensible et magnifique ...

Joie sensuelle de te toucher, effleurer ta peau si neuve, si vierge, ta peau de soie, ta peau comme une aile de papillon, si fragile que je craignais de la froisser, la décolorer, l’abîmer ... ta peau comme un aimant pour mes doigts si avides de te toucher, pour ma bouche si gourmande de t’embrasser ...

Joie brûlante de ta présence, si longtemps désirée en sourdine, si avidemment voulue en silence ...

Merci,

Merci pour les larmes, pour les larmes que je verse, de souvent ne pas assez te comprendre, de ne pas faire suffisamment l’effort de marcher vers toi, vers l’enfance, vers ces trésors de clarté et de rire, que je pressens sans les avoir connus, vers tout ce que tu es naturellement, tout ce qui émane de toi comme un parfum, un parfum nostalgique et capiteux, douloureux et envoûtant ...

Larmes qui me creuses comme un acide, me suffoquent comme une eau glacée, me lavent comme un baptême ...

M E R C I . . .

 

Blandine

 


NAISSANCE

 

La tempête marmonne au loin,

le bateau est encore à quai

les flots grondent, la houle monte,

les nuages se massent dans le ciel

soudain, un trait de lumière zèbre le ciel

zèbre mon ventre

explosion tonitruante de bruit

la pluie commence à tomber, drue, régulière

je pleure doucement :

joie, douleur, soulagement :

enfin, tu viens

la tempête se prépare

et le bateau a rompu ses amarres

il oscille sur le bord du quai

comme s’il hésitait

la houle monte régulière

à l’assaut de la plage

le bateau quitte la côte

comme s’il se décidait enfin

contraction après contraction

tu me quittes un peu plus

je tremble de l’aventure qui se noue

la tempête se lève

souffle puissant de la forge divine

le vent chante sa puissance

à la nature en furie

tout semble s’arrêter

l’éternité s’installe pour un moment

le bateau craque et gémit sous l’effort

imposé par le flot

plus le temps de douter

plus le temps d’avoir peur

tu viens pas à pas vers moi

la tempête hurle

on ne sait plus maintenant

où s’arrête le ciel

où commence la mer

le bateau tangue, ivre de vagues

roule, se cabre, se dresse

crie de toutes sa coque de bois

comme un animal aux abois

plus rien n’existe

que mon corps et le tien

et notre séparation qui vient

la tempête explose

comme une pomme de pin mûre

rien ne pourrait survivre

à une telle fureur

battu, chaviré, renversé

comme par les mains d’un géant

pétri comme pâte à pain

c’est sûr :

ce bateau va se rompre

tu es petit, tendre et doux

pourtant tu m’ouvres comme un fruit

tu glisses vers la lumière

la tempête reflue brutalement

comme elle était venue

elle s’éteint

comme une bougie qu’on souffle

incroyable, le bateau a tenu

il oscille dans l’eau apaisée

et lentement,

dans un mouvement fatigué

il rejoint le port

nos yeux se sont retrouvés

enfin je te vois, après ces mois passés

à t’espèrer, à te rêver ...

 

Bienvenue, mon tout petit

Bienvenue, mon tendre amour

 

Blandine

 


PLUS JAMAIS

 

Plus jamais

cette certitude qui me gonfle le coeur et l’âme

cette certitude, invisible à tous sauf à moi

cette présence que je suis la seule à savoir

tu es là, et je ne suis plus seule.

 

Plus jamais

mon ventre qui devient nacelle,

mon ventre qui devient berceau

mon ventre qui devient bateau

dont tu es le capitaine

 

Plus jamais

papillon, oiseau, dauphin

tu refais le chemin

de l’humaine destinee

en mon être

 

Plus jamais

la douleur qui m’empare

la douleur qui nous sépare

quelques pas encore

et mes bras, et mon sein

 

Plus jamais

et ta bouche sur ma peau

et tes yeux comme

le premier regard humain

et ton odeur si grisante

 

Plus jamais

 
 

Blandine


Date de création : 12/08/2006 : 10:46
Dernière modification : 17/09/2007 : 15:17
Catégorie : Divers
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